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Le film se passe à Rome, dans les années 80.

« D’inspiration très autobiographique, le film chronique quelques jours de la vie d’Aria, une gamine partagée entre un père acteur et une mère pianiste à tendance toxico, tous deux également azimutés et irresponsables. Ballottée de foyers en squats malfamés au rythme des passades sexuelles de ses parents, la jeune Romaine s’initie au monde adulte dont elle découvre en accéléré toutes les joies et terreurs, tandis qu’en écho se dessine le portrait d’une Italie décadente des eighties. »

Sur fond coloré. Une bande sonore qui vient enrober le film, et le rythmer. Tantôt douce, tantôt punk, tantôt rock ou mélodieuse, tantôt classique voire électrique ou éclectique. Pari gagné, la musique, l'univers nous emmène.

Les habits des « bambinis » éclatent de couleurs à chaque coins de rues, le style est travaillé, on aurait presque envie de s'habiller comme eux : Qui n'aimerait pas une veste jaune, assortie à des collants rouges, converses vertes, petit sac écolier de toutes les couleurs, jupe mignonne en jean puis bracelets en tous genres pour finir avec un petit casque discret sur les oreilles. Style 

année 80'. Style Pop Art.

Charlotte Gainsbourg et Gabriel Garko (magnifique mâle italien) jouent les parents d'Aria, artistes, déconnectés de la vie réelles, qui ne s'occupent pas d'elle, incompétents, égoïstes et surtout inconscients.
La mère, pianiste torturée et violente à ses heures se trouve un homme à chaque fois qu'Aria revient à la maison. Du businessman dragueur qui deale de la cocaine de Colombie, au musicien de punk rock mignon qui casse tout son appart. Elle joue bien, elle joue bien la connasse pour une fois.
Gabriel Garko, quant à lui est un acteur connu qui ne vit « que pour sa notoriété ».

Aria, observe le monde et ses abandons du bout de ses deux grands yeux bleus. Charismatique, mignonne, touchante et attachante, la petite (jeune) fille erre et se fait un chemin à travers la vie tortueuse que lui propose ses

 parents, et les adultes. Aria se sent « libre » avant tout, elle accepte sa condition « d'enfant rejetée », « pas vraiment à sa place », elle aimerait juste « un peu de compréhension ».

Elle observe également la cruauté des autres, de ses parents puis de ses congénères à l'école.
Aria est une petite fille qui a grandi trop vite, qui ne sait pas où aller, quoi faire, qui veut tout faire, explorer, embrasser le monde mais souffre beaucoup du manque d'attention de ses parents.

Pourtant Aria a beaucoup de talent, elle est « la première de la classe », tout les garçons sont amoureux d'elle (« qu'elle a de beaux cheveux et de beaux yeux.. ») et remporte un prix pour la meilleure rédaction de l'école. Mais elle est la cible de ses camarades. Car « différente » sûrement. Adulée, crainte, jalousée.

Elle invite tous ses camarades pour une fête chez son père et ils l'humilient et cassent tout chez elle. Elle est la risée de tous. Elle ne comprend pas pourquoi personne ne l'accepte, et pourquoi les gens sont si méchants et c

ruels. Le seul garçon qu'elle veut, Adriano, se fiche pas mal d'elle. Sa seule véritable amie est « Ist », avec qui elle partage moments de complicité et de bétises.
Mais, peu à peu, même elle va s'éloigner de la vie un peu rebelle de son amie.

Aria dit très simplement que « sa mère a « Donatina », son père a « Lucrezia » et elle a « Dac », son chat.
Dac est son chat noir qui la suit partout, ou plutôt qu'elle amène partout avec el

le. Il est son « ange gardien ». C'est d'ailleurs de lui qu'elle va parler dans sa rédacti

on scolaire qui gagnera le prix.

Aria fume trop tôt des joints.
Aria dort trop tôt dans la rue.
Aria voit trop tôt ses parents se battre.
Aria ressent trop tôt l'abandon.
Aria pleure trop souvent.
Aria se cherche trop souvent des occupations pour qu'on la remarque.

Pourtant elle continue à vivre, à s'amuser, à grandir, à se construire, à faire la fête. On ne sait pas vraiment ce qu'elle veut. Elle non plus d'ailleurs.
Sa tentative de suicide en sautant du balcon à la fin n'est même pas considéré comme une scène tragique puisque tournée au ralenti, puis qu'après on la voit à l'hôpital, certes en sang mais en train de sourire de ses pleines dents, riant d'avoir survécu à la mort, riant de cette absurdité, riant de revoir ses parents ensembles ou juste souriant car ce n'est jamais fini ? Ou a t-elle enfin eu l'attention qu'elle voulait ?

Film drôle, joyeux mais aussi glauque et assez dramatique.
Cruel et coloré.
Terrorisant et artistique.
Traumatisant et marrant.
Un film d'art et essai édulcoré et musical, qui nous emmène dans une histoire, on y ressort les yeux en couleur.

« Filmés à la fois comme des monstres et comme des dieux, les parents sont au coeur d'une zone de turbulences affectives. Mais ils ne sont que des seconds rôles dans la vie de la fillette.

 « L’Incomprise donne à voir la dislocation d’une cellule familiale, l’errance d’une fillette abandonnée et la lente mais inexorable érosion des illusions de l’enfance. Alors que cette mise à distance pourrait apparaître comme une solution pacificatrice pour l’ambiance familiale, elle va rapidement se transformer en purgatoire pour Aria, laissée pour compte de tous côtés. »

« Cette construction ne demeure pas moins irriguée d’une énergie du désespoir. À chaque séquence optimiste répond une nouvelle déconvenue pour la fillette, condamnée certains soirs à errer dans les rues de Rome avec pour seul compagnon son chat noir, persona non grata aussi bien chez sa mère que son père. Lors de ces balades nocturnes, on retrouve la fascination d’Argento pour la marginalité (très présente dans ses précédents films ainsi que dans sa filmographie d’actrice), d’autant plus que seuls les laissés pour compte semblent à même de protéger Aria de la destruction qui la guette. De ce petit théâtre de la cruauté, Asia Argento tire un récit d’une ténébreuse beauté où l’enfance sacrifiée aura rarement été aussi bien exposée, sans excès ni effets superfétatoires et pourtant terriblement tragique. »

A propos d'Aria : « son curieux visage aux yeux perpétuellement grands ouverts dans un émerveillement triste et ironique. »

« Aria tente de conserver une certaine insouciance, celle qui est dévolue à l’enfance et à ses rêveries. Adoptant le point de vue d’Aria sur le monde des adultes, le spectateur se retrouve à voir évoluer les êtres lunatiques, instables, fantasques et souvent capricieux qui le composent. Les flamboyants parents d’Aria, interprétés corps et âme par Charlotte Gainsbourg et Gabriel Garko, sont l’exemple le plus criant de l’ambivalence voulue par la mise en scène : égocentriques, imbus de leur image d’artistes entre glamour et bohème, ils restent des figures idéalisées par leur fille, qui ne comprend pas leur attitude à son égard. »

« Les seules choses auxquelles elle semble pouvoir s’accrocher sont son imagination, son innocence, sa meilleure amie et l’école… Hasard qui fait bien les choses, ce film sort une semaine après la Journée internationale pour les droits de l’enfant qui dénonce entre autres la maltraitance et les conséquences d’un contexte familial dégradé. Capables de gentillesse, les parents d’Aria peuvent se montrer cruels et s’en débarrassent dès qu’elle les contrarie. Ils la traitent comme un animal ou comme un jouet et non pas comme une personne. Par la répétition des scènes des trajets qu’elle fait de l’un à l’autre, la réalisatrice nous fait ressentir sa solitude et sa difficulté à trouver

 

 sa place dans cette famille recomposée. Au lieu de bénéficier du fait d’être le seul enfant que ses parents ont en commun, elle en est la victime puisqu’ils projettent sur elle la haine qu’ils se vouent… Elle est comme le chat noir qu’elle transporte avec elle à chaque changement de foyer. »

l-incomprise

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19545394&cfilm=225763.html