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« Papa, t’es là ? Tu m’entends ?
Si t’es là, fais-moi signe... Envoie-moi un dessin. »

« Tout le monde t’imagine dans le ciel, avec des filles à poil, en train de te marrer. »
« On a des rendez-vous bizarres au 36, quai des Orfèvres pour récupérer tes affaires. J’avais l’impression d’être dans nos fameux polars qu’on aimait tant tous les deux. »

« J’ai demandé à la dame de l’Institut médico-légal si on pouvait t’empailler mais elle m’a dit que c’était pas possible. »
Ces phrases lues hors de leur contexte pourrait sembler comiques. Pourtant, elles font partie de la lettre de Elsa Wolinski, la fille de Wolinski (-dessinateur de Charlie Hebdo-), qu'elle a adressé à son père, mort.
Elle voulait lui parler à travers les nuages, elle voulait lui adresser un dernier hommage funèbre.
Récit naïf mais tellement touchant d'une fille qui a perdu son paternel.
A n'importe quel âge, les épreuves nous touchent.
Cela pourrait être quasiment « banal » si ce discours intime ne s'inscrivait pas dans les événements « tragiques » qui ont lieu récemment à Paris et région parisienne.
Elsa Wolinski raconte sa peine suite à l'assassinat de son père dans les locaux du journal, le 11 janvier 2015.
Aucune fille ne devrait apprendre la mort de ses parents, de sa mère, de son père, de n'importe quelle personne de sa famille, de ses proches.
Je ne la connaissais pas personnellement, je ne lisais même pas Charlie Hebdo. La nouvelle m'a juste « choqué », « surprise » quand j'ai lu dans mes actualités Facebook que deux hommes (-venant ostensiblement d'un groupe extrémiste-) avait fait irruption dans le siège de Charlie Hebdo et avait tué 12 personnes. Je connaissais le journal de nom, un nom connu, un nom français.
Ce que ces hommes ont fait (-peut être étaient-ils inconscients ou sous l'influence d'une puissance plus forte qu'eux. Je ne veux et ne peux pas rejeter la faute que sur eux, ils restent humains malgré tout..-), ce n'est pas juste assassiner 12 personnes de sang froid, sans aucune pitié, animés par une violente colère.
Ils ont aussi assassiné un journal, symbole de la liberté d'expression...
Ils ont aussi assassiné un peu de la France.
Je dis -un peu de la France- car la France l'a prouvé auparavant, elle est forte et reste forte. J'espère qu'elle pourra se souder, se relever de ces actes virulents et se protéger, se défendre, se révolter.
Tenir jusqu'au bout. Face à ces ennemis -invisibles- qui arrivent de nulle part comme des essaims d'abeilles.
Face à ses hordes de -machines- dénué-e-s de sentiments et de conscience.
Et -d'intelligence- également, si je peux me permettre.
La France a affronté de nombreuses épreuves, et même si la peur comment à naître dans nos corps, nos esprits et nos cœurs, il faut relativiser. Philosopher. Garder contact et confiance en l'amour.
De nombreuses solutions et alternatives sont et seront possibles.
Dorénavant, il faudra faire attention, -vivre au jour le jour- ou justement ne plus le faire. Être plus sur nos gardes. Il faudra réfléchir au futur.
Une menace peut être plus grande pèse sur nos têtes.
Faut-il y croire ? Faut-il lui rire au nez ? Faut-il la prendre au sérieux ?
C'est en tout cas ce que de nombreux journaux indépendants commencent à clamer.
Je crois en la presse, je ne crois pas -pour la plupart- que leur but est de faire peur aux citoyens, je crois que leur but est d'informer les citoyens, de leur donner un lien et de les ressouder quand cela est nécessaire.
Alors, vivons-nous un grand changement ? Une modification d'ère ? Devons-nous nous soumettre, accepter ou continuer à faire comme nous l'avons toujours fait ?
L'Europe est-elle une valeur sûre ? Va t-elle tenir bon ? Va t-elle sombrer sous les attaques ? Sous les menaces ?
Peut être qu'une troisième guerre mondiale est en train de s'entamer, de se mettre en place, car les hommes n'ont pas toujours résolu leurs conflits et leur désir de vivre ensemble.
Peut être que l'Histoire est un éternel recommencement, que les populations -qui se sentent- opprimées veulent reprendre leur droit ou asseoir leur pouvoir et leur supériorité.
Peut être que la civilisation humaine touche à sa fin -comme celle des dinosaures- et que ces événements sont un incipit d'une lente destruction bénéfique et sereine du pus que nous transportons dans nos enveloppes charnelles. Une révolution qui profitera à la Terre. À la Nature. Plus puissante que nous.
La Mort et l'épreuve nous remettent tous dans « le droit chemin ». Nous font redescendre lentement de notre piédestal, de notre socle de sécurité, de bien-être et de stabilité sur lequel nous siégeons depuis que nous sommes né-e-s -si nous avons eu une enfance heureuse-.

« 
Papa, on dirait que tu dors.
Mais tu dors pas, t’es mort.
Pour dehors, Wolinski est vivant.
Mais, pour moi, t’es plus là.
Elsa a perdu son papa. »

http://www.elle.fr/Societe/News/Papa-t-es-la-par-Elsa-Wolinski-2876918